Ce document décrit des méthodes et des outils pour permettre à des groupes de travail de produire collaborativement. Il a été produit dans le cadre du projet “imagination for people”, une plateforme dédiée à l'imagination citoyenne pour repérer les projets stimulants et soutenir les porteurs de projets, mais il peut être utilisé dans de nombreux autres contextes.
Si la communauté des porteurs de projets a vocation à être grande, le nombre de personnes qui peuvent et souhaitent contribuer à produire des ressources utiles pour les porteurs de projets dans un domaine particulier est plus réduit (quelques dizaines ou centaines de personnes). Ainsi, Imagination for People propose des groupes de travail thématiques (innovation urbaine, monnaies complémentaires, vidéo…) ou ciblés sur une étape de développement d'un projet (constituer sa communauté, trouver des financements initiaux, développer un modèle économique pour pérenniser le projet, passer à l'échelle…). Ces groupes rassemblent à la fois des porteurs de projets ayant une expérience, des spécialistes du domaine et des personnes pouvant apporter un éclairage particulier (sociologues, artistes…). Ils produisent des “ressources” pédagogiques pour aider les porteurs de projets dans le domaine concerné.
Toute la difficulté réside, pour des groupes de plusieurs dizaines ou centaines de membres, dans l'alliance entre :
Passer par 3 étapes : les mails échangés sur la liste → un blog (reprise des infos structurée mais toujours sous forme chronologique) → une carte en ligne (placement de ces infos sur la carte)
Ces étapes ne peuvent pas être totalement automatisées (cela nécessiterait que les contributeurs structurent fortement leurs contributions, ce qui serait un frein à la contribution) et nécessitent donc une intervention humaine. Mais cela est fortement consommateur en temps et la charge est reportée sur l'animateur qui se retrouve seul avec une charge très lourde.
Le groupe est animé par un petit noyau d'animation. Ce noyau constitué de plusieurs personnes aidées par des outils numériques. Il permet une charge de travail bien plus raisonnable que l'animation d'un groupe de travail classique. Il existe trois rôles d'animation décrits ci-dessous. Si le noyau d'animation est constitué de moins de trois personnes, le ou les animateurs devront se charger de plusieurs rôles. Cependant, il est tout à fait possible de permettre à des membres du groupe de prendre en charge ponctuellement ou régulièrement certains des rôles. Cela permet lorsqu'il y a des volontaires d'alléger la charge des animateurs. Les animateurs doivent surtout si les animateurs doivent s'assurer que le travail prévu sur un rôle donné est fait. Les 3 rôles clés sont les suivants :
II travaille principalement sur la liste de discussion en lançant les débats, relançant les participants (y compris hors liste). Il lance chacune des 5 étapes. Lorsqu'une étape est suffisamment avancée il lance la suivante tout en laissant ouvert les précédentes :
Chaque semaine, le chef d'orchestre fait une rapide synthèse pour permettre à ceux qui ont décroché cette semaine là de se remettre à niveau et envoie les membres du groupe “explorer” la carte pour avoir une vue d'ensemble.
L'attrapeur travaille principalement sur le blog pour permettre de structurer les contributions. Lorsque quelqu'un contribue sur la liste :
Lorsqu'une contribution est une réaction à une autre contribution, il la place comme comme un commentaire.
Le cartographe dispose d'un fond de carte de type géographique représentant un territoire imaginaire permettant d'y positionner les idées et contributions du blog sousla forme d'un schéma heuristique (mind mapping) mais dont chaque niveau est représenté sous la forme d'un territoire à l'intérieur du précédent sur lequel on peut zoomer (cf art de la mémoire et pensée-2, perspective spatiale de Olivier Auber).
Dans cette carte se trouve dans un coin un village qui permet de cartographier, en plus des idées, les jeux d'acteurs. Sur le bord du village, se trouve une école où sont cartographiées les différentes notions de base (sous la forme de questions/réponses de type FAQ. Mais en cas de désaccord, plusieurs définitions ou réponses peuvent coexister pour une même question, avec des éléments de contexte pour comprendre les différents points de vue).
Le cartographe prend donc chaque contribution sur le blog qui n'a pas encore été située, et la positionne sur le territoire en créant si nécessaire des sous territoires pour mieux la situer (comme cela se fait sur un mind mapping classique). Une contribution (et tous ses sous territoires : réactions, idées filles…) peut être déplacé facilement. Une contribution peut être éventuellement placée à plusieurs endroit. Dans ce cas elle n'est pas dupliquée mais pointe vers le même article du blog. Il est ensuite possible d'atteindre les différents endroits qui pointent vers la même contribution (voir les graphes bipartie et la théorie originelle de l'hypertexte)
Suivant l'étape de la discussion (ou éventuellement la contribution si celle-ci est différente de celles de l'étape), le cartographe :
Les autres membres du groupe doivent pouvoir contribuer également à la cartographie en la corrigeant et la complétant comme un wiki cartographique (ce qui nécessiterait une fonction d'historique)
Le cartographe dispose de trois types de cartes :
Le cartographe dispose également d'indicateurs permettant de voir les contributions non encore positionnées, ainsi qu'un historique des placements et déplacements sur la carte.
En plus de leur rôle de contributeur sur la liste (ou directement sur le blog, dans ce cas, un mail reprenant les éléments est envoyé sur la liste) et de leur éventuelle aide aux trois rôles spécifiques de gestion de la discussion, les membres du groupes sont appelés régulièrement à venir “explorer” la carte. Sur celle-ci ils peuvent :
Il sera nécessaire de distinguer ce que peuvent faire tous les membres du groupe,
Au cours d'un cycle de production, le groupe produit un document de synthèse (phase 4 rédaction) mais également la carte (phases 2 veille et 3 idées) qui reste accessible (après amélioration pour la rendre plus lisible) et plusieurs produits dérivés tel qu'un résumé exécutif, des vidéos de présentation… (phase 4 rédaction).
A la fin des phases 3 et 4, la carte, le document de base et les produits dérivés sont successivement réputés acceptés par les membres du groupe suivant la technique du rough consensus (si personne n'a mis d'opposition après la dernière demande du chef d'orchestre, cette étape est approuvée)
A la fin de l'étape 5 (ouverture), et si il n'y a pas d'opposition, la ressource est réputée acceptée par l'ensemble de la communauté Imagination for People et placée dans le centre de ressources. Seuls les commentaires sont possibles, plus les modifications, sauf si, suite à des commentaires, il est jugé opportun de relancer un traitement par le groupe (qui, si celui-ci est peu important, peut se faire en une seule étape).
Une fois terminé sa production, le groupe peut décider de se dissoudre (la communauté créant régulièrement de nouveaux groupes) ou bien de produire une nouvelle ressource à l'occasion d'un nouveau cycle.

C'est extremement interressant ! On ressent le desir d'agencer diverses etudes un peu au détriment d'une recherche de simplicité, il faudra laisser l'usage polir les surplus. Juste une question : comment envisagez-vous de gérer les liens, les passerelles pour naviguer aisément entre la carte synthétique, le fil de discussion temporel, le blog ?