Le Zeybu solidaire

Revitaliser son quartier grâce à une épicerie

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25 allée du Gerbier Eybens 38320
FR France
Site internet http://lesamisduzeybu.free.fr/
Maturité

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A propos du projet Éditer

Un local, des producteurs locaux, et la volonté de quelques personnes de redynamiser un quartier populaire. Tels sont les ingrédients qui ont été nécessaires à la création du Zeybu solidaire, une épicerie autogérée qui, en plus de proposer des produits sains, locaux et accessibles à ses adhérents contribue à créer du lien social.

En quoi ce projet est-il singulier et créatif ? Éditer

L’épicerie est autogérée. Pas de salariés, ce sont les riverains qui sont les tauliers. De la préparation des produits à l’encaissement, en passant par la distribution, tout est géré bénévolement et à tour de rôle par les quelques 300 adhérents de l’association Zeybu solidaire. Ce jour-ci, ils sont une douzaine de volontaires à faire tourner la boutique (mise a disposition par la mairie) qui ouvre tous les 15 jours, pendant une après-midi.

Le Zeybu solidaire n’est pas qu’une épicerie. L’association a accouché de nombreux zeybu-solidaire-livreprojets, notamment à destination des enfants du quartier. Ainsi, un tiers de l’argent dégagé par les dons solidaires sert à financer des activités telles que l’autoconstruction de fours solaires ou de lombricomposteurs à destination des enfants. En mettant en place des ateliers favorisant l’émancipation et l’autonomie des plus jeunes, Jean-Jacques compte « donner un sens politique à cette monnaie ». Grâce à des subventions publiques et privés, ils ont également pu équiper la cuisine de l’épicerie d’un four et d’ustensiles afin d’organiser des cours de cuisine ou de confection de pain. En outre, un espace bibliothèque a été installé afin que chaque adhérent puisse y déposer et y prendre librement des ouvrages.

Quelle est la plus-value sociale du projet ? Éditer

L’année dernière, 2 500 € ont été distribués à une vingtaine de familles. Mais Jean-Jacques insiste pour dire qu’elles ne sont pas de simples bénéficiaires de la charité d’autrui. En effet, en achetant des produits à l’épicerie grâce à l’argent versé sur leurs comptes, elles contribuent à la relocalisation de l’économie en permettant à des producteurs locaux de vivre de leur métier. Ghislain, éleveur de volailles se satisfait de ce système : « J’avais besoin de ventes, ça m’a permis de trouver des débouchés ». Quant à Josée, exploitante agricole, elle se réjouit que cette « démarche solidaire permette aussi de sensibiliser les consommateurs au travail des agriculteurs de proximité ».

Mais, au delà du coup de pouce économique aux personnes précaires et aux producteurs, l’intérêt du Zeybu est avant tout de recréer de la convivialité dans un quartier sans vie. « L’échange de marchandises n’est ici qu’un prétexte à la sociabilisation. Ça permet le brassage de gens qui ne se connaissaient pas », se réjouit Jean-Jacques. Les distributions gérées collectivement ont pour but de favoriser le dialogue. « En pesant sac de pommes de terre ensemble, on espère créer du lien. Les gens vont se tutoyer, se dire bonjour », ajoute-t-il.

De l’avis de plusieurs adhérents, cette petite épicerie a en effet changé la vie du quartier. « Depuis l’installation du Zeybu, le quartier s’est transformé positivement. Ça a créé un tissu social solide, pleins de gens se connaissent maintenant », estime Bernard. Une convivialité nouvelle qui pousse Frédérique à fréquenter l’épicerie alors qu’elle a déménagé pour « continuer à voir les gens du quartier. On vient prendre une salade, on reste facilement 30 minutes », raconte-t-elle.

Quel est le potentiel de déploiement de cette initiative ? Éditer

Malgré plus de 300 adhérents au compteur et plusieurs prix d’innovation sociale, Jean-Jacques s’inquiète de la pérennité de ce projet « banalement révolutionnaire ». En effet, bien que les bénévoles sont au rendez-vous lors des distributions, la plupart du travail de logistique pèse sur ses épaules et sur celles de Chantal, en charge de la comptabilité. Sans compter qu’un turnover important est à déplorer. Plus de 50% des adhérents de départ ne sont plus membres aujourd’hui.

Alors, pour éviter que cette belle idée s’évanouisse dans la nature, ils s’attellent à « garder des traces (https://docs.google.com/document/d/1wCd9WD-LtUywa9kLI6kbZKNZqu1TjFV-yDNavox3diI/edit) de ce qui a été fait. Ainsi, même si on disparaît demain, d’autres pourront reprendre le chemin ». Alors, pour que d’autres Zeybus naissent ailleurs en France, il communique autant qu’il le peut et entretient des relations avec d’autres réseaux. Car, il ne sera « tranquille que quand d’autres Zeybus auront vu le jour ».

Quel a été le facteur déclenchant de ce projet ? Éditer

il y a 4 ans, personne n’aurait parié qu’une telle aventure puisse voir le jour. En 2008, l’épicerie de ce quartier populaire mettait la clé sous la porte. « On s’est inquiétés de voir un lieu de rencontre disparaître, se rappelle Jean-Jacques, initiateur du projet. Ici, il n’y a rien, quand l’épicerie est fermée, le quartier est mort ». Alors, 15 jours après le fermeture, il a soumis au conseil de quartier l’idée d’une reprise de l’épicerie en association. Le début de ce qu’il décrit comme une « pulsation citoyenne ».

Dès le départ, deux objectifs ont été définis par le collectif rassemblé autour du projet : « recréer du lien à l’échelle d’un territoire et garantir l’accessibilité à tous. Ça passait obligatoirement par l’alimentation, car ça touche tous le monde », explique cet ancien chef d’entreprise. Pour remplir ces deux critères, un système totalement inédit a émergé des discussions : la « boucle solidaire ».

Quel est le modèle économique de ce projet ? Éditer

Deux fois par mois, lors de l’ouverture de l’épicerie, les producteurs viennent livrer les produits préalablement commandés par les adhérents sur un site internet dédié. Ils s’engagent également à faire un « don solidaire », c’est à-dire à offrir 10% de leur chiffre d’affaires du jour en nature. Lorsque les membres viennent récupérer leurs poulets, fromages et légumes frais et locaux, ils ont la possibilité d’acheter, en plus de leur commande, les produits donnés par les agriculteurs.

L’argent généré vient alimenter les comptes des adhérents bénéficiant de l’aide alimentaire*. Ainsi, ces derniers peuvent, de manière totalement anonyme, régler leurs achats grâce à ce don. En effet, pendant les distributions, aucun euro n’est échangé, les membres paient en Zeybu solidaire, une monnaie qu’ils ont créée (1 euro = 1 zeybu). Puisque leur compte est directement crédité en Zeybu, les bénéficiaires n’ont donc pas à présenter une carte de pauvre ou de patienter dans une queue spéciale précaires pour avoir leurs produits. Ils peuvent donc faire leurs courses, comme tout le monde. Un point essentiel pour Jean-Jacques : « toute démarche qui exclue renforce le système dominant », avance-t-il.

Ce projet met-il en œuvre une forme d'intelligence collective et si oui, en quoi ? Éditer

Ce projet participe-t-il de la protection de l’environnement, et plus généralement, de la transition écologique ? Si oui, en quoi ? Éditer


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