Des manguiers qui croissent sans arrosage : le Nguiguis

Planter les manguiers dans des arbustes de Piliostigma reticulatum (Nguiguis, en Wolof) qui vont assurer l’alimentation en eau

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Thiès, république du Sénégal
SN Sénégal

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Concept

A propos du projet Éditer

Les paysans des environs de Thiès, au Sénégal, utilisent depuis longtemps le Pliostigma recticulatum, un petit arbre qui favorise la croissance des manguiers en retenant l’eau dans le sol autour de ses racines. En outre, d’après le Dr Ibrahima Diédhiou, chercheur à l’école nationale supérieure d’agriculture de Thiès, grâce à son feuillage développé, cet arbuste retient la terre arable charriée par le vent et constitue ainsi des îlots de fertilité dont profitent les manguiers plantés.

La méthode consiste d’abord à repérer un pied de Piliostigma reticulatum ; ensuite, à sonder le sol à l’intérieur de la touffe jusqu’à repérer un endroit par où ses racines ne passent pas. En cet endroit, un trou dont les dimensions sont fonction de la taille des gaines utilisées en pépinière est creusé.
C’est dans ce trou que le plant de manguier est mis à terre. La plantation se fait en pleine saison des pluies (du 15 juillet au 15 août). Dans certains cas, on peut se passer de la pépinière et semer directement les graines dans les touffes. Cependant, de l’avis des paysans, les résultats sont de loin meilleurs lorsqu’on utilise les plants.
La plantation du manguier dans les touffes de Nguiguis permet de réduire la fréquence des arrosages ainsi que les quantités d’eau apportées. En effet, les manguiers profitent de l’eau qui remonte passivement des couches profondes du sol vers les couches de surface en empruntant les racines pivotantes des arbustes.
Ce phénomène bien connu et appelé redistribution hydraulique, se déroule la nuit.

En quoi ce projet est-il singulier et créatif ? Éditer

Le caractère singulier de ce projet se trouve dans le fait qu’il est basé sur un savoir paysan simple n’impliquant aucune technologie avancée pour développer l’arboriculture en zone semi aride.
C’est une manière créative, efficace et biologique de promouvoir le développement des arbres fruitiers, comme le manguier. C’est une innovation technique et sociale.

Quelle est la plus-value sociale du projet ? Éditer

La technique du Nguiguiss présente un intérêt socio-économique incontestable car elle permet aux paysans d’améliorer substantiellement leurs revenus et leur sécurité alimentaire.
Elle est aussi bénéfique à la préservation de l’environnement car favorisant la restauration des sols et la re-végétalisation des terroirs, ce qui permet de préserver la base productive des systèmes de culture.
Enfin, la mise en œuvre de cette technique ne requiert ni beaucoup de main-d’œuvre ni de lourds investissements. Il faut simplement disposer de semences de manguiers, de gaines pour la production de plants en pépinière et enfin d’un matériel pour creuser des trous pour la plantation.

Quel est le potentiel de déploiement de cette initiative ? Éditer

Cette innovation est largement utilisée par les planteurs de la localité et a permis de développer les plantations de manguiers dans le village.
Cette technique innovante d’agroforesterie a donné lieu à des expérimentations conjointes entre paysans et chercheurs du PROFEIS (Promouvoir l’expérimentation et l’innovation paysannes pour améliorer la sécurité alimentaire et la conservation des ressources naturelles au Sahel).
Depuis 2007, des partenaires au développement (la recherche avec les universités de Thiès et Cheick Anta Diop de Dakar, le conseil agricole et rural et les services des eaux et forêts) se sont joints aux paysans innovateurs afin d’aider à la valorisation de l'innovation à travers la mise en œuvre d’activités d’expérimentation conjointe et de diffusion.
Un groupe de 20 paysans, de la région de Thiès, qui était venu visiter Keur Ndiogou Ndiaye, en juin 2010, est en train de reproduire la technique.

Quel a été le facteur déclenchant de ce projet ? Éditer

L’idée de cette innovation est née du constat fait par un groupe de paysans du village de Keur Ndiogou Ndiaye (Communauté rurale de Tassette, environs de Thiès, au Sénégal). Les manguiers à proximité du Nguiguis avaient la meilleure croissance par rapport à ceux qui étaient excentrés du Nguiguis. Les déductions faites de cette observation ont favorisé l’émergence de cette idée de «Nguiguis» qui va permettre de trouver des solutions aux nombreux échecs des projets de plantation de manguiers à cause de l’aridité des sols et du manque d’eau pour l’irrigation.

Quel est le modèle économique de ce projet ? Éditer

Cette innovation va sûrement procurer des bénéfices économiques aux paysans.
En effet, les plantations de manguiers sont en pleine expansion dans le terroir et certains pieds ont commencé à fructifier. Aujourd’hui, le pied de manguier qui a fructifié est vendu à la récolte à quinze mille (15 000) francs CFA. L’espoir est donc permis de voir le développement des plantations induire considérablement l’accroissement des revenus des paysans.
Actuellement, si cette initiative devrait être un projet, son modèle économique devait reposer sur la confirmation expérimentale de la technique, la vulgarisation de la technique auprès des planteurs, organisation du développement des plantations individuelles ou communautaires et l’organisation de la distribution ou de la commercialisation.


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