Création de la première CAF (communauté auto-financée) de la Côte de Granit Rose

Création de la première CAF (communauté auto-financée) de la Côte de Granit Rose

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44, rue Léon Durocher 22730 Tregastel Breizh
FR France
Site internet http://www.clubmicrofinance.eu/
Maturité

Concept

A propos du projet Éditer

Bienvenue au lancement de la première CAF (communauté auto-financée) de la Côte de Granit Rose. Avec pour simples outils une caisse métallique et un registre, femmes et hommes de la Côte, tous amis, réinventent le principe historique des banques de village : mettre de l’argent de côté, s’en prêter, à des conditions claires, définies en amont et en commun.

En quoi ce projet est-il singulier et créatif ? Éditer

En ce moment la CAF de la Côte de Granit Rose est en train de se créer. Ces caisses auto-financées se sont multipliées ces dernières années à Barcelone et à Madrid sous l’impulsion de Jean-Claude Rodriguez, professeur d’économie à l’université Ramon Llull de Barcelone et militant d’une micro-finance responsable (voir le site de son association).

Quelle est la plus-value sociale du projet ? Éditer

Jean-Claude Rodriguez, lors d'une mission au Vénézuela, a découvert l’existence de banques de prêt pour les pauvres gérées avec leurs propres fonds, les Bankomunales. Il a décidé d’importer cette nouvelle forme de crédit participative et solidaire en Europe. Les communautés autofinancées issues de ce voyage fondateur naissent du constat que les individus pauvres ne sont pas «absolument» pauvres et qu’ils maniaient déjà leurs propres outils d’épargne et de crédit avant l’entrée en lice du microcrédit popularisé par la Grameen Bank de Muhammad Yunus. En Bolivie, on parle de pasanacu, les Colombiens les nomment natilleras et les Sénégalais tontines.

Quel est le potentiel de déploiement de cette initiative ? Éditer

Comme les tontines, les communautés autofinancées visent à donner accès au crédit à des populations généralement exclues du système bancaire formel, mais en améliorant plusieurs aspects par rapport à ce mécanisme «informel mais efficace». Sa fiabilité, d’une part – si un membre ne rembourse pas, d’autres couvrent les frais; la caisse et sa clé sont gardées par deux personnes différentes, etc. –, et sa flexibilité, d’autre part – «une flexibilité particulièrement adaptée à la population des travailleurs immigrés en Europe. Car si, pour qu’une tontine fonctionne, tu ne peux pas quitter le navire avant la fin, avec la CAF, rien ne t’empêche de récupérer tes fonds et de partir», précise Abdoulaye. Et, enfin, l’aspect pédagogique, qui veut qu’outre la facilitation de fonds les membres d’une CAF doivent apprendre à gérer leur épargne et à participer à un collectif. On n’est pas loin des assemblées populaires d’indignés qui s’échinent à recréer une démocratie locale et directe dans les quartiers de Barcelone.

Quel a été le facteur déclenchant de ce projet ? Éditer

Le message breton est clair: on veut davantage de maîtrise de notre destin. Si vous pouviez le faire, ce serait mieux. Vous n’en n’êtes plus capables, on va s’en charger. La spécificité bretonne, par rapport à d’autres populations, c’est une déclaration collective et transversale.

Homogénéité sociétale

Face aux vents de la mondialisation et dans les creux de la crise, comme dans les provinces espagnoles ou dans d’autres pays avant elle, la plateforme des bonnets rouges bretons parvient à homogénéiser les différences des positions politiques, sociales, géographiques, générationnelles, confessionnelles, … Elle s’appuie sur des caractéristiques que nous ne détaillerons pas mais qui alimentent les spécificités bretonnes. Entre racines fondatrices, combats historiques, éloignement durable des centres de pouvoir et des institutions, industrialisation récente, identité et appartenance puissantes, … la Bretagne fabrique une homogénéité sociétale très peu partagée en France, même au cœur de l’Alsace et de ses bonnets noirs.

Solidarité directe néo-tribale

Quand la crise survient, quand les instruments de la solidarité institutionnelle craquent petit à petit, les individus et les communautés cherchent à compenser et inventent ou réinventent d’autres formes. On le voit partout dans le Monde et donc aussi en France. C’est le mélange moderne d’internet et des circuits courts, entre local et global, la solidarité directe, la proximité territoriale, une communauté de destin et un lien identitaire.

Nous voyons naître une solidarité de nature presque néo-tribale. Elle allie la dimension traditionnelle qui associe la permanence des comportements d’avant la création des institutions de solidarités du modèle social français et les très contemporaines solidarités des réseaux digitaux et du 2.0.

Localisation des décisions

Il y a comme une affirmation collective puissante : nous Bretons, nous sommes mieux armés pour faire face aux difficultés nées de la crise et de la mondialisation. Mieux armés que qui ? Autres populations divisées et assistées, partis politiques impuissants, corps intermédiaires, syndicats, notamment ouvriers, contestés, institutions de la solidarité dépassées ?

Traduction concrète, la plateforme ne dit pas « j’ai la solution », mais elle exprime une demande, notamment la « localisation des décisions », ou la « localisation des emplois ». Dans la crise, c’est l’expression d’un espoir, pas une proposition alternative de système. Pour l’instant, n’affleurent pas à trop la surface des revendications politiques ou institutionnelles précises. On voit des drapeaux, mais on n’entend peu d’expressions autonomistes dans les rassemblements. Demain sera peut-être plus complexe.

Cahiers de doléance

Quel que soit le résultat très aléatoire des luttes engagées pour limiter la casse économique, (plus optimiste en ce qui concerne les objections fiscales, car Stéphane Le Foll annonce déjà que l’entrée en vigueur de l’écotaxe sera repoussée à janvier 2015), le mouvement va se poursuivre sous la forme des cahiers de doléances. Le terme est fort et choisi. Un programme du peuple breton ? L’annonce d’un face à face institutionnel avec les autorités ?

Étrange parallèle au moment où l’Écosse va discuter de son avenir autour de son Livre Blanc. 670 pages sur l’indépendance dévoilées le 26 novembre. Les Écossais vont avoir 10 mois pour se positionner avant le référendum du 18 septembre 2014 qui déterminera si l’Écosse se séparera de l’Angleterre, une union qui remonte à 1707, ou restera dans le Royaume-Uni.

Il n’y a pas de rupture entre la Bretagne et la France mais une méfiance retrouvée. La suite devra éviter la radicalisation politique pour s’écrire entre apaisement économique et invention institutionnelle. Sinon….

Quel est le modèle économique de ce projet ? Éditer

WINKOMUN Winkomun
http://www.winkomun.org/

Ce projet met-il en œuvre une forme d'intelligence collective et si oui, en quoi ? Éditer

Ce projet participe-t-il de la protection de l’environnement, et plus généralement, de la transition écologique ? Si oui, en quoi ? Éditer


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